Togo/Le plus dur des mandats de Faure commence : Quelle porte de sortie ?

C’est après la fête que le tam-tam pèse souvent bien  lourd. Ceux qui le transportent avant le démarrage du festin le soulèvent des deux bras au-dessus de leur tête en courant, pressé d’aller jouer, chanter et danser. Seulement qu’à la fin, rares sont ceux qui se portent volontaires pour ramener le tambour à son endroit habituel. On se sent épuisé après avoir utilisé toute son énergie à la fête.

Cette anecdote se prête si bien à la  situation que traverse le Togo en ces moments précis. On a mobilisé toutes les énergies pour se faire élire. Au bout du compte, la CENI  proclame vainqueur le président sortant, Faure Gnassingbé pour son quatrième mandat. La cour constitutionnelle n’a pas dit le contraire, elle a validé la réélection du candidat d’UNIR à plus de 70% du suffrage exprimé. Seulement, la suite reste beaucoup plus difficile que le simple fait d’être réélu.

Alors que la crise post-électorale continue de faire couler assez d’encre et de salive, voilà qu’une épidémie mondiale vient exacerber la situation déjà peu stable dans notre pays. Les problèmes de tous genres, le Togo en avait à satiété. Et comme tout cela ne suffisait pas, Coronavirus vient s’ajouter à nos ennuis. C’est un problème qui concerne toute la plèbe, bien sûr, mais la gestion revient de facto aux gouvernants qui en seront les seuls comptables devant l’histoire.

                     Corona virus, un mal qui vient tout compliquer

Au Togo, presque toutes les élections présidentielles sont suivies d’une crise post-électorale qui devient naturellement une crise politique ; et qui parle de crise politique parle d’instabilité. La justice togolaise accusée d’être aux services d’un système politique pour anéantir tout adversaire qui inquiète le système en place était sur le point de jeter en prison le principal challenger de Faure Gnassingbé à la présidentielle du 22 février dernier, quand subitement, Coronavirus fit son entrée dans le pays et commença par frapper. Cette maladie d’une capacité de nuisance rare défie tous les pays aussi puissants soient-ils, et que pourra notre pays le Togo si le mal venait à s’exacerber ? Cela va sûrement nécessiter des dizaines de milliards pour en venir à bout. L’hémorragie financière enregistrée dans les pays les plus touchés donne déjà du vertige. L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) porte des aides aux pays frappés par ce fléau, mais l’aide apportée par  cette organisation ne saura satisfaire le quart de nos besoins car, c’est tout le monde entier qui en est victime. Coronavirus passera à coup sûr avec son cortège de dégâts, mais et après ?

               Probable retour difficile  à la vie normale

  Comme tout mal, le coronavirus passera même si nul ne sait pour l’instant ce que sa méchanceté nous coûtera.  Mais comment pourrons-nous nous remettre de ce mal qui nous aura affaiblis économiquement ? C’est la question qui mérite d’être posée. Puisque pour limiter les dégâts, il faut absolument renforcer les mesures d’urgence qui contribuent malheureusement à asphyxier drastiquement l’économie nationale. Et à la sortie du tunnel, nous ferons certainement face à une crise économique et sociale,  ajoutée à la crise politique submergée par coronavirus puisqu’elle n’est pas encore enterrée.

C’est en cela que le quatrième mandat de Faure Gnassingbé sera l’un des plus difficiles à gérer. Les pays vers qui nous tendons habituellement la main pour obtenir des aides sont malheureusement les plus touchés. A l’interne, la santé économique déjà souffrante subira les séquelles de  la crise économique mondiale. Le pire sera couronné par le pillage systématique de nos ressources. C’est en effet un secret de polichinelle qu’au Togo, les auteurs de détournements des fonds publics ne sont jamais inquiétés tant qu’ils  restent fidèles au régime et cet état de choses n’est pas de nature à relever l’économie nationale de si tôt.

Les revendications sociales accumulées et restées non satisfaites vont également refaire surface sans aucun doute. Le plus dur attend. Mais entendant, l’heure est à une guerre sans merci contre ce maudit coronavirus COVID-19 qui s’invite aussi bien sur le terrain socio-économique que politique.

          Joachin  

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