Violation de la résolution A/RES/66/163 de l’ONU et crises électorales répétées : Le Togo, une menace pour la paix dans la sous-région

images de 2005

La racine du  plus grand mal togolais depuis l’avènement de la démocratie réside dans la volonté du système politique en place de conserver le pouvoir par la force brute. Les élections sont devenues une formalité qui consiste à faire croire que le Togo respecte les normes internationales en matière de démocratie alors qu’il n’en est rien.

Aujourd’hui, face à la promotion de la démocratie et au changement dans les pays qui nous entourent, le voile se lève enfin sur les frasques démocratiques graves auxquelles le régime de Lomé se rend coupable à chaque élection pour se maintenir au pouvoir. Ce faisant, le Togo devient le seul pays de la sous-région qui donne du fil à retordre aux Nations-Unies dont il viole une importante résolution.

En effet, dans la résolution A/RES/66/163 adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies en novembre 2011, les Etats membres s’accordent à reconnaître que :

  • L’élection constitue un moyen pacifique de reconnaître la volonté du peuple ;
  • L’élection renforce la confiance dans le gouvernement : le peuple fait plus facilement  confiance aux dirigeants qu’il a lui-même choisis ;
  • L’élection consolide la paix et la stabilité nationale : grâce à l’élection bien faite, un pays peut retrouver la paix et la stabilité intérieures. Personne ne peut craindre un soulèvement ou un renversement du gouvernement en place ;
  • L’élection favorise la stabilité régionale : un pays qui connaît des troubles politiques risque de contaminer les autres pays de la région. De la même façon, quand des pays voisins sont en paix grâce à des élections libres et honnêtes, toute la région a plus de chances de vivre en paix et en sécurité.

Mais, que constatons-nous au Togo ? La réalité est qu’au Togo, les élections, surtout présidentielles sont comparables à une déclaration de guerre où la seule chance d’éviter l’apocalypse est d’accepter le candidat du parti au pouvoir jouer à la prolongation quels que soient les résultats des urnes. De 1998 à 2020, le président n’a jamais été élu sans contestation. Soit le peuple se fait tuer et blesser, soit il se plie à la loi du plus fort et se résigne pour que vive l’unique président à vie. Et l’une des conséquences de cette réalité se manifeste dans ce cycle infernal  d’élections contestées, violence, dialogues…

Nous faisons économie des urnes transportées par les militaires, les centaines de Togolais tués  en faveur de la conservation du pouvoir par le même cercle gouvernant pour nous intéresser aux irrégularités graves constatées à l’élection du 22 février 2020.

Les faits les plus graves qui font de l’élection du 22 février une élection de la jungle réside dans le fait de chasser des délégués de l’opposition des bureaux de vote à l’intérieur du pays, de falsifier les procès-verbaux, de cautionner les votes multiples par un seul électeur ou des votes par procurations exagérées, de bourrer les urnes ou de valider des taux de participation à plus de 100% dans certains bureaux de vote. A tout cela s’ajoute la perturbation de la connexion internet le jour du vote.

Et pour contraindre le peuple à la résignation et à l’acceptation des résultats non conformes à ceux des urnes, on sème la terreur par une violence policière rare. Les images d’un jeune passé à tabac ont fait le tour des réseaux sociaux il y a quelques semaines, c’était lors d’une manifestation interdite.

Cette façon de se faire élire au Togo devient une coutume qui contraste avec la manière de faire dans les  pays de la sous-région. Cet état de choses frustre les populations qui n’ont jamais joui du résultat réel de leur choix dans les urnes.

 C’est exactement en cela que le Togo viole la résolution A/RES/66/163 de l’ONU et devient une menace pour la paix dans la sous-région puisque le peuple qui rumine constamment sa colère, le peuple à qui on interdit de vivre l’alternance politique qu’il a toujours choisie dans les urnes ne peut que se soulever lorsque l’occasion se présente. Le cas du 12 juin 2012 et du 19 août 2017 sont des exemples bien éloquents. La communauté internationale doit prendre au sérieux le problème des élections mal organisées au Togo pour permettre au pays de se conformer aux principes démocratiques universels ; cela rendrait service au peuple togolais et à la sous-région.

                                                                                 Nouvel Echo           

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One Comment on “Violation de la résolution A/RES/66/163 de l’ONU et crises électorales répétées : Le Togo, une menace pour la paix dans la sous-région”

  1. Les représentants des candidats sont privés d’accès aux bureaux de vote avec complicité des présidents des CELI, les maires et préfets intimident, corromprent et séduisent les délégués de l’oposition……

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