Le covid-19 et les taxi-motos : Tâtonnement et inorganisation notoires au sommet de l’État

Tout se fait à la hâte sans aucune analyse approfondie avant les prises de décision par le gouvernement. C’est du moins l’impression que nous laisse l’attitude de l’autorité face à cette lutte contre le coronavirus.  Il  suffit qu’une idée vienne d’une  tête qui  plaise  pour que toute l’équipe sans discernement fasse chorus et se mette dans la danse. Dès l’annonce des  premiers cas au Togo et des risques qui peuvent en découler,  tout a commencé par aller dans tous les sens. Tout porte à croire que dans le gouvernement, chacun des cercles de prises de décision fait à sa tête. Le cafouillage était perceptible. Tambour battant, un Etat d’urgence a été décrété avec des mesures à la va-vite ; et pourtant, on aurait pu mieux circonscrire le mal avec plus de sérénité et d’efficacité s’il y avait la volonté de bonne écoute.

Pour avoir décrété le couvre-feu, le gouvernement s’est pressé d’interdire aux engins à deux roues et aux tricycles de transporter les personnes sur tout le territoire. Le lendemain, un groupe de conducteurs de taxis-motos se souleva à Kara pour protester contre cette mesure impopulaire. Quelques heures plus tard, le gouvernement revient sur sa décision pour limiter l’interdiction de transporter les personnes par les motocyclistes dans la seule capitale. La décision du couvre-feu elle aussi  avait subi le même revirement avant d’être étendue dans la préfecture de Tchaoudjo. Au bout de quelques jours, la même interdiction de transport de personnes sur motos  fut levée même dans la capitale pour laisser les conducteurs  transporter les personnes jusqu’à la date du 11 avril 2020. Une aide financière de 20.000 francs par mois  a été promise aux conducteurs de taxis-motos  avant l’application de ladite interdiction. Cette promesse s’inscrivait dans le programme Novissi.

Plusieurs voix se sont élevées pour faire ressortir les difficultés qui entourent la mise en application de cette décision inopportune sans être écoutées.

Les esprits avisés avaient proposé que l’accent soit mis beaucoup plus sur les gestes barrières spécifiques aux conducteurs de taxis-motos. Ces propositions n’ont pas été prises en considération.

Du 11 avril jusqu’à ce mois de mai, rien n’a pu filtrer en ce qui concerne les aides promises aux zémidjan (Taxis-moto). Aucun centime n’a été donné à un seul conducteur. L’interdiction est restées lettre morte parce qu’elle n’est pas praticable. Les sociétés de taxis-motos, Olé et Gozem qui avaient retiré les motos aux conducteurs ont dû les leur remettre sans aucune mesure nouvelle.

A la place d’une décision du gouvernement, c’est à une autodiscipline qu’on assiste. Chacun prend soin de porter un cache-nez avant de monter sur la moto.

Par endroit, les éléments de la Force spéciale Anti-pandémie essaient de  jouer aux gendarmes derrière ceux qui ne portent pas de bavettes sur leurs engins. Curieusement, le gouvernement n’a pris aucune décision de port obligatoire de bavettes dans la circulation. Aucune mesure n’est prise pour suppléer l’interdiction de transport des  personnes sur les engins à deux roues qui a connu un échec.

Dans ces conditions, quel crédit peut-on désormais accorder aux décisions du gouvernement qui donne l’air de tâtonner sans rien prendre au sérieux ?

Vu qu’aujourd’hui, l’interdiction de transporter des personnes devient difficile à appliquer, il urge que l’autorité prennent de nouvelles mesures obligatoires au-delà de la simple sensibilisation pour limiter les dégâts.

    nouvelecho.info

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