Affaire SNCB/Les 18 millions de FCFA placés entre de bonnes mains par le préfet de Tone volatilisés

Le 03 août dernier, le préfet de Tone, M. TCHIMBLADJA Yendoukoa Douti a fait fermer la Société de Négoce et de Courtage en Banque (SNCB) de Dapaong. L’objectif, selon le communiqué du préfet,  était de protéger les populations contre une éventuelle imposture d’une société douteuse. Suite à des plaintes  l’accusant d’avoir injustement confisqué pendant plusieurs semaines  l’argent des clients de cette société, le préfet DOUTI a estimé que l’argent se trouvait entre de bonnes mains et qu’il ne fallait s’inquiéter de rien.

Joint au téléphone la semaine dernière  par la rédaction du journal  nouvelecho.info pour savoir pourquoi à Cinkassé,  l’argent des clients a été distribué dès la fermeture d’une agence de la même société  et qu’à Dapaong l’on fait plus d’un mois sans suite, le préfet a laissé entendre que c’est parce que le dossier était en instruction.

Mais suite à des pressions, il a été finalement décidé de procéder à l’ouverture de ce coffre-fort pour que les populations qui y ont placé leur argent rentrent dans leurs droits.

 De gros cailloux dans le coffre-fort à la place de 18 millions

D’après les informations qui nous sont parvenues à la rédaction de nouvelecho.info, le lundi 14 septembre 2020, après l’ouverture du coffre-fort pour récupérer de l’argent, ce sont deux  gros morceaux de cailloux et des pièces de 350 francs qui ont été retrouvés.

Ce constat bien curieux présente assez de points d’ombre qui suscitent assez de doute et d’interrogations.

Comment en est-on arrivé là et qui faut-il tenir pour responsable ?

Des informations concordantes suite à nos enquêtes révèlent que dès la fermeture de la société SNCB, la sécurité du  coffre-fort était assurée par les agents de la police de Dapaong quelques jours avant que cette caisse métallique ne soit déplacée pour être gardée au commissariat de la ville.

Pour l’ouvrir, il faut le code secret et l’usage d’une clé, mais le chef d’agence qui se trouvait à Dapaong disait avoir  le code alors que la clé se trouvait avec son patron, le Centrafricain, promoteur de la société fermée. Les mêmes sources rapportent que le promoteur qui se trouvait à Lomé et qu’on arrivait à joindre au téléphone  a été plus tard injoignable et ce  jusqu’à ce jour ; c’est-à-dire qu’il est porté disparu.

Alors pour pouvoir ouvrir le coffre-fort, il fallait l’intervention d’un spécialiste pour le faire sans code ni clé. Un premier technicien résidant à Dapong a été proposé par le bureau des clients victimes pour l’ouverture du coffre-fort, mais il sera immédiatement et catégoriquement rejeté par le procureur de la République près le Tribunal de Dapaong, M. Sôdou parce que sa carte d’identité serait expirée. Le second technicien habitant toujours à Dapaong n’a pas été du goût du procureur et du préfet pour faire le travail. D’après nos informations, ce dernier s’est vu confier des travaux à exécuter au domicile du procureur, Kouroum  Sôdou. Notre appel à l’endroit du Procureur pour avoir plus d’information a été rejeté. Nos messages sollicitant un recoupement n’ont reçu aucune suite.

Il a finalement fallu un troisième technicien que les autorités compétentes de Dapaong ont fait venir de Lomé pour que ce coffre-fort soit enfin  ouvert. Ce dernier aurait été payé à 330.000 francs pour un travail d’à peine cinq minutes. Et c’est de l’enveloppe des 5 millions des victimes gardés hors coffre que les 330.000 francs ont été encore soutirés. D’après les témoins sur les lieux, le chef d’agence, M. Ibrahim  qui était pressé de retrouver les millions dans le coffre de leur société est resté stupéfait et figé devant une caisse contenant deux gros cailloux et un montant de 350 francs CFA.

Aux dernières nouvelles, le chef d’agence de Dapaong a été arrêté en attendant de voir clair dans cette affaire

                                                    Commentaire

Suite à la succession des événements qui ont conduit à ce scandale, plusieurs observations et interrogations méritent d’être muries.

La toute première question à poser est de savoir ce qui a tant rassuré le préfet de Tone que les 18 millions étaient bel et bien dans le coffre-fort avant de rassurer à son tour  les populations à qui il a promis « avoir pris des dispositions pour sécuriser les fonds collectés ».

Si l’on n’était pas sûr que le coffre-fort contenait les 18 millions de nos  francs, pourquoi avoir laissé en liberté pendant tout ce temps les promoteurs de la société SNCB pendant qu’on pouvait les retrouver ?

Si le chef d’agence de Dapaong était complice de la disparition des 18 millions, pourquoi ferait-il des va et vient à la police pour s’assurer que le coffre-fort était en sécurité ? Pourquoi n’a-t-il pas  fui ?

Pourquoi le procureur, Sôdou n’a-t-il pas voulu que les techniciens résidant à Dapaong ouvrent le coffre-fort et pourquoi a-t-il confié un chantier personnel au second technicien proposé par les victimes au lieu de le laisser faire le travail pour lequel les populations l’ont proposé? Sa carte est-elle aussi expirée ?

Et comment peut-on s’assurer qu’il n’y a aucune complicité entre le troisième technicien venu de Lomé  et les autorités de Dapaong dans cette affaire puisque d’après les indiscrétions, le dernier technicien disait être en mesure de forcer le coffre-fort et pouvoir ensuite le remettre en bon état ?

Aujourd’hui, entre le préfet et la SNCB, qui des deux les populations de Dapaong devront-elles craindre ? Qui des deux leur a fait plus mal ? Se demande-t-on.

Il revient au gouvernement de prendre au sérieux cette affaire afin de situer les responsabilités pour que les victimes puissent rentrer en possession de leur argent. Certains parmi ces clients de la SNCB  ont placé  plus d’un million de nos francs et on ne saurait vouloir chasser les promoteurs Centrafricains dont on doute de la sincérité pour qu’après, plus de 18 millions des pauvres populations se volatilisent du coffre-fort placé en sécurité  de cette façon bien curieuse et suspecte.

Nouvelecho.info

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